lundi 17 avril 2017

Il y a cent ans, le premier emploi des chars français. Déboires, doute et rebond d'une organisation

Extrait de la Michel Goya, La chair et l'acier, Tallandier, 2004 (ou L'invention de la guerre moderne, Tallandier, Collection Texto, 2014)

Seize mois seulement après la naissance du concept et en partant de rien ou presque, les chars français sont engagés pour la première fois dans le cadre de l’offensive organisée par le général Nivelle. Le 16 avril 1917, l’attaque principale doit réussir la rupture entre Laffaux et le nord de Reims. La Ve Armée, à l’Est, renforcée des chars, doit se saisir des hauteurs de Craonne. La mission des chars est d’appuyer la progression de l’infanterie dans l’attaque des 3e et 4e positions ennemies. L’attaque est précédée d’une préparation d’artillerie de plusieurs jours, ce qui exclut toute surprise. Le terrain est bouleversé par les tirs d’artillerie et entouré de points hauts qui sont autant d’observatoires.

Le 16 avril, l’Artillerie spéciale (AS) engage 132 chars Schneider répartis en deux forces dirigées par les commandants Bossut (5 groupes) et Chaubès (3 groupes). Le groupement Chaubès vient buter en masse sur les fantassins à l’assaut de la première position et se trouve incapable ensuite de déboucher. Le groupement Bossut parvient péniblement à dépasser la deuxième position allemande pour se déployer en ligne d’attaque. Malgré la faible vitesse des chars (6 km/h au maximum), son infanterie d’accompagnement et les régiments d’attaque, battus par des feux allemands très violents, progressent difficilement loin derrière. Les  groupes abordent la troisième position allemande mais sont ravagés par des tirs d’artillerie très précis. L’ambiance à l’intérieur des chars combine les peurs des fortins :

Nous sommes là courbés, aspirant les relents de graisse et d’essence, dans le noir, sans rien voir ni savoir, entendant autour de nous, les explosions des obus, puis les coups de fouet des éclats cinglant notre carapace, attendant le coup inexorable qui doit nous réduire en bouillie. La tension nerveuse est à son paroxysme, on est là pantelant, le cerveau vide, rien ne venant distraire, ni devoir, ni action, de cette horrible pensée : « Je ne sers à rien et je ne puis rien contre le coup qui vient ». (Maurice Gagneur et Marcel Fourier, Avec les chars d’assaut)

et la fébrilité d’un atelier industriel :

Le tank est enfumé par son tir endiablé. Dans cette pénombre des hommes s’agitent, le visage taché d’huile. Sur la joue de Gorgit se fige un filet rouge et le canonnier sur ses écorchures porte un pansement déjà sali. Des relents âcres d’essence et de poudre piquent le nez et prennent à la gorge…Les obus surgissent des coffres. En un tour de main les fusées sont vissées ; les projectiles circulent de l’un à l’autre parmi ces corps accroupis ; les obus sont jetés dans le canon, sur lequel se referme en claquant la culasse. Et la mort s’élance. (Charles Maurice Chenu, Totoche prisonnier de guerre. Journal d’un chien à bord d’un tank)

Ils repoussent deux contre-attaques et parviennent à monter deux actions communes avec les quelques fantassins qui ont pu les rejoindre. A la tombée de la nuit, les chars survivants se replient, en subissant encore de nombreuses pertes, la plupart par pannes. Si les pertes humaines sont dans les normes de l’époque (25 %), les pertes en engins sont beaucoup plus élevées en proportion, puisque 76 chars sur 121 ayant quitté les positions d’attente sont perdus, dont 57 par l’action de l’ennemi. Ce taux de pertes de 63% équivaut, d’après les normes modernes, à une  destruction tactique », pour des résultats très médiocres.

Pour les artilleurs d’assaut, ce premier engagement, qui a détruit un tiers du potentiel matériel existant, est d’abord une source de déceptions et de doutes. Le premier doute concerne la fiabilité du matériel. Un engin sur quatre est tombé en panne dans la zone des combats pour des causes multiples, mais la grande surprise provient surtout des 35 chars incendiés. Charles-Maurice Chenu en a fait une description saisissante :

Ah ! les choses qu’on n’oubliera pas ! Les spectacles à jamais gravés dans les yeux, malgré tant d’horreurs qui déjà s’y sont burinés ! Le char de gauche, d’un coup, est devenu brasier. Devant lui fume encore l’obus qui vient de l’incendier. Et deux torches s’échappent, deux torches qui courent, éperdues, follement, vers l’arrière, deux torches qui se tordent, qui se roulent sur la terre (Charles Maurice Chenu, Du Képi rouge aux Chars d’assaut).

Dans ces conditions, l’enthousiasme faiblit devant la perspective de repartir au combat avec une possibilité sur quatre de brûler vif.

La deuxième surprise provient de l’artillerie allemande. Si la perte de 15 engins par tirs directs entrait dans les prévisions, la destruction de 37 chars par éclats est inattendue. Cette efficacité est due à la grande précision des tirs du fait des observatoires et des avions dont disposaient les Allemands face à des chars évoluant par colonnes compactes jusqu’à la deuxième position. L’aide de l’infanterie d’accompagnement a été pratiquement inexistante. Les équipages ne comprennent pas que le 17e Bataillon de chasseurs à pied, entraîné à cet effet, ait été remplacé au dernier moment par une unité sommairement formée.

En revanche, les résultats obtenus contre les troupes postées, la résistance aux armes légères et la facilité avec laquelle quelques chars ont eu raison des contre-attaques sont encourageants. Mais ces actions s’apparentent à des neutralisations qui nécessitent une exploitation immédiate par l’infanterie et donc sa proximité.

Dans les rangs de l’AS l’enthousiasme du début à fait place au réalisme. On renonce à poursuivre la production des chars moyens au-delà de la commande initiale. Porté par le commandant Bossut, tué au combat, le rêve cavalier d’une grande charge par surprise, suivie tant bien que mal par les « piétons », a fait long feu. Les hommes comprennent la nécessité d’une collaboration entre les armes. Cet échec initial montre également la difficulté à appréhender à priori toute la complexité de l’emploi d’un nouveau système tactique. L’échec semble donc être la norme dans l’emploi initial d’une arme de création trop récente. La gestion de cet échec initial est essentielle pour l’avenir de l’organisation.

Après l’action, les sentiments qui animent le reste de l’armée sont très variés. Pour Chenu, « l’armée à laquelle nous sommes rattachés fait mine de nous mépriser, d’avoir d’autres chats à fouetter ». Mais beaucoup, au contraire, sont enthousiastes comme Passaga, commandant le 32e corps d’armée, qui déclare que le char « doit permettre toutes les audaces, grâce à son effet de surprise et à sa puissance offensive ». A la 42e Division d’infanterie (DI)  « chacun attendait un grand effet de l’arrivée de ces engins nouveaux pour réaliser la destruction rapide des obstacles s’opposant encore à la marche de la DI et permettre à celle-ci la reprise du mouvement en avant » et lorsqu’ils interviennent, après plusieurs heures de combat éprouvant, ils sont « salués par les hurrahs des fantassins ». L’échec des chars est mal ressenti. Le général Deville, commandant la 42e DI, estime dans son rapport que : « l’apparition des tanks a été le signal d’un bombardement intense, qui a occasionné de lourdes pertes au 94e RI et surtout au 332e RI […] l’effet des chars a été plutôt nuisible ».

A un niveau plus élevé, l’AS est emportée par la désillusion de l’échec de l’offensive Nivelle. Certains attaquent Nivelle et rejettent d’un bloc tout ce qui semble lié à sa « méthode ». D’autres, hostiles depuis toujours à l’allocation de ressources à un système aussi audacieux, en profitent pour discuter à nouveau les crédits. Une ambiance irrationnelle se développe où les bruits les plus exagérés circulent et beaucoup d’artilleurs d’assaut sont persuadés qu’ils vont être reversés dans leur régiment d’origine. La production des Schneider est presque arrêtée. Du 1er juillet au 30 septembre, il ne sort des usines que 18 chars. Les premiers essais de chars légers Renault sont l’objet de rapports très négatifs qui servent de prétexte pour suspendre le programme. L’Artillerie d’assaut est alors fermement défendue par Pétain, nouveau général en chef, ancien supérieur d’Estienne, et qui attend les « Américains et les chars ». Du coté des Allemands, le succès du 16 avril confortent les premières impressions et ne les incitent guère à innover. Au contraire, les pièces antichars cachées, d’un emploi très stressant, sont plutôt négligées au profit des tirs indirects lointains, apparemment beaucoup plus efficaces.

La protection de Pétain acquise, il reste à rétablir la confiance générale dans l’utilité des chars. Pour cela, il faut des victoires, mêmes  modestes.

Le deuxième combat de l’AS, à peine deux semaines après l’échec du 16 avril, s’exécute de manière très différente, preuve des capacités d’apprentissage et d’innovation de l’organisation. Le groupement Lefebvre (3 groupes) est affecté à la VIe armée. Il doit participer, le 5 mai 1917, à la conquête du plateau de Craonne, aux alentours du moulin de Laffaux, non plus en « cavalier seul » mais en appuyant étroitement l’infanterie.

Pour cela, les batteries reçoivent la mission d’appuyer des unités nommément désignées, en neutralisant des objectifs précis ; les postes de commandants de groupe sont placés auprès des PC de division ; le groupement est échelonné en profondeur avec un élément en réserve à chaque échelon ; les tirs d’artillerie (aveuglement des observatoires, contrebatterie) sont préparés avec soin ; un avion d’observation, protégé par 6 chasseurs, est chargé de renseigner le commandement sur la progression des engins et de signaler à l’artillerie les pièces antichars et les chars sont dispersés par batteries dans des positions de départ près de la première ligne. 

Dans la soirée du 5 mai, les résultats de la VIe armée sont limités mais dus, pour une large part, à l’action des chars. Les interventions multiples de 12 Schneider jusqu’à plus de 3 kilomètres de la ligne de départ ont permis d’ouvrir des brèches dans les réseaux, de neutraliser de nombreuses mitrailleuses et de repousser plusieurs contre-attaques allemandes. Le 17e BCP, employé cette fois dans son rôle d’accompagnement, a été très utile. En revanche le premier engagement d’un groupe de chars Saint-Chamond a obéi au principe de l’échec initial. Pour aligner seize engins, il a fallu en « cannibaliser » autant au camp de Champlieu. Sur ce nombre, douze purent arriver en position d’attente, neuf prendre le départ et un seul franchir la première tranchée allemande. Si la proportion des pertes humaines est comparable au 16 avril, les pertes définitives en chars se limitent à trois engins. D’un point de vue psychologique, l’action n’avait pas une ampleur suffisante pour vaincre les dernières réticences mais elle a redonné confiance dans l’AS.

Tous les chefs de chars et les officiers des unités appuyées par eux remplissent, à l’issue des combats, des questionnaires qui aident le commandement à mettre en forme régulièrement l’« état de l’art » jusqu’à l’Instruction provisoire sur l’emploi des chars d’assaut du 29 décembre 1917, premier vrai règlement d’emploi. Les problèmes tactiques sont aussi appréhendés par la communication horizontale entre des combattants qui vivent tous au camp de Champlieu. Avant même de recevoir de sa hiérarchie les conclusions tirées des premiers combats, le capitaine Lefebvre avait discuté avec ses camarades engagés le 16 avril et déjà envisagé la plupart des innovations nécessaires pour l’attaque de Laffaux.

Enfin, à partir de l’été 1917, on améliore sensiblement le réalisme des entraînements. Par exemple, les tirs d’artillerie sont représentés à l’aide de lignes de toiles que l’on déplace suivant un horaire précis. Les problèmes techniques décelés sont pris en compte par le biais de commissions où apparaissent des combattants. Le problème des incendies est ainsi résolu rapidement et de nombreuses modifications sont apportées aux engins. Cette circulation efficace des informations est bousculée par l’action de l’ennemi qui s’ingénie à créer sans cesse des parades à l’action des chars. Il se crée ainsi une dialectique de parades et contre-parades. Lorsque Chenu apprend qu’un groupe a procédé à une  attaque : « nous allons le lendemain interviewer les survivants. Nous apprenons que l’ennemi a inauguré une nouvelle tactique contre les chars [les fantassins allemands se laissent dépasser et attaquent ensuite de très près] On nous enseigne alors une contre-tactique : ligne de chars en quinconce, se flanquant mutuellement, chacun tirant sur son voisin pour le débarrasser de ses agresseurs ». Lorsqu’on s’aperçoit que les Allemands saturent les fentes de visée des chars par des tirs d’armes légères, on peint de fausses fentes et on camoufle les vraies ; pour parer à l’élargissement des tranchées, on met au point des ponts de franchissement. 

Pour limiter au maximum la mise au point des parades on s’efforce de ne laisser aucun engin entre les mains de l’ennemi. A Laffaux, deux chars abandonnés sur le terrain sont détruits par l’artillerie française. Estienne propose la création d’un groupe spécialisé dans la récupération des épaves. Ce processus d’apprentissage permet de développer les idées initiées à Laffaux. Les bataillons qui doivent être appuyés par des chars accomplissent un stage d’une semaine de manœuvre avec les appareils. Les officiers de chars assistent aux répétitions d’infanterie. On améliore les liaisons entre les chars et les fantassins grâce à des pigeons, des panneaux manœuvrables de l’intérieur des engins et surtout 4 chars-TSF dont les appareils portent à 12 kilomètres. La planification est poussée au maximum grâce à l’analyse de photos aériennes et aux reconnaissances. La manœuvre de chaque engin est prévue à priori. 

Le troisième et dernier emploi des chars en 1917 a lieu le 23 octobre, à la Malmaison, avec l'engagement de deux groupements. Le groupement II (3 groupes Schneider, 2 chars TSF) doit, en deux phases (derrière l’infanterie, puis en tête) aider à réduire les résistances jusqu’à un objectif situé à trois kilomètres. Le Groupement X (2 groupes Saint-Chamond, 2 chars TSF) doit aider à la conquête du premier kilomètre puis se placer en surveillance face  aux contre-attaques.

L’exécution de ces missions est inégale suivant les groupes et sur 63 engins engagés, 20 seulement remplissent leur mission mais leur action est déterminante et les pertes sont limitées à 82 hommes et 9 chars.  L’intérêt majeur de la victoire de la Malmaison est la confirmation définitive de l’utilité des chars mais aussi des limites de cette « première AS ». 

Avec un total de 231 engagements de chars en 1917, on dispose désormais d’une solide capital d'expérience. Le problème d’emploi tactique est à peu près résolu mais on se heurte à des problèmes insolubles : un taux de pertes qui ne descend pas au dessous de 40% par combat, un taux de pannes qui ne descend par en dessous de 25% et une endurance qui se limite à une journée de combat sur au maximum quelques dizaines de kilomètres. Les équipages des chars ont beaucoup de mal à acquérir les objectifs en déplacement mais ils deviennent très vulnérables lorsqu'ils arrêtent les engins.La fin de l’année est consacrée à la mise au point des dernières innovations, avec la transformation du 262e RI en régiment permanent d’infanterie d’accompagnement.

Une innovation suit généralement une courbe en S : un départ assez lent suivi d’une phase de croissance rapide jusqu’à un palier à partir duquel l’efficacité n’augmente plus guère. Cette première génération obéit à cette loi. Pour relancer l’efficacité de l’AS il faut explorer des voies nouvelles. 

7 commentaires:

  1. Très instructif, merci ! Ah, si nous apprenions à la même vitesse dans la guerre contre Al Qaïda puis Daech…

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  2. Témoignage très intéressant, en effet.
    Paradoxalement le Commandement fait preuve de beaucoup de réactivité en majorant le retour d'expérience acquis sur le terrain, chose habituellement peu mise au crédit des militaires français de 1917.
    L'armée française enfoncera tout de même le clou six mois plus tard avec les Renault à tourelle pivotante qui blufferont par leur efficacité Hindenburg et Ludendorff.
    Le Reich allemand de l'époque n'alignant que six chars pour les opérations de 1918 !
    Quand on pense à la doctrine Guderian et aux ravages qu'elle laissera sur le champ de la Bataille de France vingt-trois ans plus tard, cela laisse songeur...

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    1. Je ne saurais trop vous conseiller de lire La chair et l'acier (ou sa version poche L'invention de la guerre moderne) qui montre combien l'armée française de l'époque est intelligente et réactive.

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    2. Mon Colonel,

      Effectivement ont est surpris par la réactivité et intelligence de l'armée Française, notamment à partir de 1916 : entre autre sa capacité à intégrer les expériences remontant du terrain, et le foisonnement d'idées iconoclastes en découlant. La question est de savoir pourquoi après une période si riche intellectuellement, notre armée a en quelques années sombré dans la routine et voire le conservatisme ?

      Je sors un peu du sujet, mais le désastre de Mai-Juin 40 fut avant tout une victoire intellectuel des allemands sur les concepts dépassés de notre état-major : ils n'avaient pas mener la guerre tel que prévue par ce dernier !...

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  3. Bonjour,

    Article très intéressant sur un sujet que je suis bien loin de maîtriser. Au-delà de la remarquable inventivité de tous les acteurs et qui explique, entre autres, la réussite des armées françaises la dernière année de guerre, j'y décèle cependant les germes des théories qui seront si néfastes vingt ans plus tard. Par exemple, ce refus ou cette incapacité à octroyer à la nouvelle arme une autonomie par rapport à l'infanterie, lui empêchant de jouer pleinement son rôle. C'est d'autant plus paradoxal qu'à la même époque, le Gal Duval construit la première division aérienne, innovation majeure s'il en est dont il ne restera rien en 1939 et qui jouera un rôle si important lors de la deuxième bataille de la Marne en mars 1918.
    Pour info, le Gal Étienne, avant de s'intéresser aux chars, dirigeait le service aéronautique de l'artillerie à Vincennes en 1911. Hélas pour lui, et son équipe, c'est le Génie qui fut choisi. C'est ainsi que Villacoublay est né et que Vincennes n'est plus qu'un champ de course.

    Bonne journée

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  4. Merci pour cet article qui fait sortir des nimbes, les plus humbles des poilus qui ont tout fait pour pallier l'amateurisme de leur chef, Nivelle.

    Une question reste sans réponse : Pourquoi Nivelle n'a jamais été traduit en Cour martiale, alors qu'il était soupconné d'avoir fait beaucoup de confidences a des dames galantes ce qui auraient permis aux allemands d'avoir des plans d'attaque.

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  5. Pancho

    A ma connaissance Clémenceau voulait traduire Nivelle, et quelques autres généraux en Cour martiale. Cela uniquement pour leur obstination désastreuse dans leurs offensives du printemps 17, et non pour leurs supposés relations avec des dames galantes susceptibles d'informer les allemands. Je pense que ce genre de rumeur relevait avant tout du climat d'espionnite régnant alors : Mata Hari en fut hélas un des exemples. Ces accusations avaient le mérite de faire diversion, et donc de dédouaner Nivelle et consorts de toute incompétence tactique.

    Au final malgré sa volonté Clémenceau renonça à les traduire en Cour martiale, car Pétain était farouchement contre. Ce dernier considérait que malgré leurs graves fautes, pareil déferrement aurait révolté nombre d'officiers supérieurs et alimenté un climat de défiance de la troupe vis à vis du commandement : refus d'obéissance et mutineries avaient débutées.

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