mardi 1 août 2017

C’était un temps déraisonnable


Il y eut une époque où nos chefs politiques et leurs premiers conseillers militaires envoyaient des soldats dans des endroits impossibles pour y effectuer des choses incompréhensibles. En juillet 1993, lorsque je suis arrivé à Sarajevo, la cité du malheur et des grands mensonges, mes chefs avaient connu le désastre de Beyrouth dix ans plus tôt. Leur slogan, visiblement un classique militaire, était « on ne se fera pas baiser une nouvelle fois ». Finalement, malgré tous leurs efforts louables, ils l’ont été quand même été un petit peu et une nouvelle fois.

Après, une guerre chasse l’autre et les générations de soldats s’empilent et écrasent les précédentes. Les risques, les peurs, les questions d’un moment de vie de milliers d’hommes et de femmes rejoignent alors la matière noire de l’Histoire, celle qu’on ne voit plus mais qui existe toujours dans les têtes et les âmes. Et puis parfois cela ressort, souvent vingt ans après les faits et après avoir attendu en vain que les responsables des désastres aient, au moins par respect pour ceux qu’ils ont envoyé au feu, l’élégance d’expliquer leurs décisions.

Les Belles Lettres, 2017
A défaut de concrétiser ma part de matière noire (en me maudissant de ne jamais avoir tenu de journal) je lis celle des autres, en l’occurrence ce weekend les témoignages du capitaine Ancel et du général Bachelet, presque dans une unité de temps et de lieu mais à deux bouts de la chaîne hiérarchique,

Le premier, Vent glacial sur Sarajevo est finalement le livre que j’aurais aimé écrire, sans doute moins bien, pour décrire la vie d’un officier pendant six mois au cœur de ce labyrinthe géant où nous nous sentions parfois comme des souris de laboratoire (c’était peut-être cela finalement l’explication : nous étions l’objet d’une expérience sur l’accoutumance à l’aberrant). Nos fonctions et missions étaient certes différentes mais les perceptions sont sensiblement les mêmes. Le livre de Guillaume Ancel est un mélange désespérant du Désert des tartares de Dino Buzzati et du film Un jour sans fin, à ce détail près que dans ce dernier cas le personnage principal profite de l’éternel retour des choses pour progresser alors que là on assiste plutôt à un engrenage vers le pire.

Le capitaine Ancel arrive à Sarajevo fin janvier 1995 pour guider les missions de frappes aériennes au profit du bataillon de casques bleus français en place sur l’aéroport et ses alentours (avec, entre autres, cette mission merveilleuses d’empêcher les gens de fuir la ville assiégée). Dans son journal, il décrit avec une précision clinique, les demandes de frappes contre les Bosno-Serbes (ou Serbes tout court, selon l’habitude impropre) lorsque, au mépris évident des accords passés, ils utilisent leur artillerie pour frapper la ville ou pour protéger les casques bleus la force de protection des Nations-Unies (oui, vous avez bien lu « protéger la force de protection ») que l’on a évidemment pris soin de disperser au milieu des assiégeants histoire qu’avec leurs moyens volontairement réduits, ils soient encore plus vulnérables. Ces demandes sont mécaniquement toujours suivies de guidages pour amener les avions sur la cible jusqu’à ce qu’elles soient systématiquement annulées par l’échelon de décision à Zagreb.

Deux ans plus tôt, à l’été 1993, les Serbes avaient attaqué sur le mont Igman, qui domine l’aéroport et les sorties ouest de Sarajevo. Lorsqu’ils ont été finalement arrêtés par les forces bosniaques, ils ont accepté de cesser le combat…à condition que la FORPRONU vienne s’interposer (lire : vienne tenir à notre place les positions que nous avons conquises pendant que nous déployons nos forces mobiles ailleurs), ce que nos autorités s’empressèrent de faire. Présent sur place en reconnaissance, je fus d’abord témoin, avec mon chef le capitaine Jacono, d’une scène de l’Apocalypse : les soldats serbes en repli brulant et dévastant la totalité des sites olympiques de 1984 et tout ce qui avait fait de la main de l’homme. Une semaine plus tard, nous étions un peu plus d’une centaine dispersés par petits groupes au milieu de la forêt, là où l’application des règlements (il est vrai militaires) aurait imposé au moins une brigade de plusieurs milliers d’hommes.

Après quelques jours, je reçus pour nouvelle mission de tenir la route d’Igman à Krupac, un carrefour au milieu de la plaine au pied de la montagne. En bon chef de section, je plaçais mes hommes derrière un mouvement de terrain à quelques centaines de mètres du carrefour d’où ils pouvaient tenir le carrefour sous le feu. Je reçu rapidement un appel m’expliquant que je n’avais rien compris (effectivement) et que je devais être « sur » le carrefour, certes totalement isolé et vulnérable de tous les côtés mais visible. Je ne devais pas me considérer comme une unité de combat mais comme un geste diplomatique.

Ce qui devait arriver arriva. Deux ans plus tard, le poste de Krupac, tenu alors par le lieutenant Pineau, fut, comme beaucoup d’autres, assiégé. Dans l’immédiat, les Bosniaques frustrés cherchèrent à reprendre les positions perdues sur Igman, et s’infiltrèrent forcément sans grande difficulté jusqu’à nos positions qu’ils attaquèrent. Mon chef fut abattu dans ce combat mais les Bosniaques repoussés avec pertes. Ah oui, à l’époque de ce combat, on avait déjà demandé une frappe aérienne pour nous aider qui fut d’autant plus refusée qu’il n’était pas question que des avions de l’OTAN viennent frapper des Bosniaques. A la place une équipe de mystérieux « men in black » à l’accent texan vinrent dans un 4 x 4 pour calmer leurs Alliés bosniaques.

C’était donc le début de cette politique imbécile de création d’otages potentiels qui trouva son paroxysme en mai 1995 lorsque les Serbes décidèrent d’encercler ces postes isolés chargés à l’époque de surveiller leurs pièces d’artillerie, comme si c’était des canons qui massacraient la population et non ceux qui les utilisaient. Il y eut alors fatalement des redditions et des humiliations. Ce n’était certes pas la première fois. J’ai connu un groupe de combat de la compagnie de protection de PTT building (le quartier-général de la FORPRONU) tomber dans une embuscade dans la vieille ville musulmane et se faire dépouiller de tous ses équipements, véhicules et armements ou encore une section chargée de l’escorte personnalités bosniaques et croates à l’extérieur de la ville de se faire coincer à Rajlovac (à la sortie ouest de Sarajevo) et se faire prendre ces mêmes personnalités sans livrer le moindre combat. On avait alors camouflé le premier cas et transformé le second en acte héroïque, le chef de corps expliquant aux journalistes que seul le sang-froid et le professionnalisme de ses hommes, dûment récompensés de médailles, avaient empêché un bain de sang.

Placez-vous maintenant dans la tête de tous ces chefs de groupe ou de section qui voient que l’évitement du combat est présenté comme une victoire et imaginez les encerclés de toutes part, placés de telle sorte qu’ils n’aient aucun espoir de s’en sortir si combat il y a, hormis par le recours à frappes aériennes qui, pour l’instant ne sont jamais venues. Certains ont cédé et se sont rendus, d’autres ont accepté une confrontation qui n’est finalement jamais venu, l’ennemi n’étant finalement fort que tant nous étions faibles. Mention spéciale dans le livre de Guilaume Ancel pour l’adjudant Korrison, sur le poste d’Osijek, et pour ma part, pour ce sergent dont je n’ai pas retenu le nom, encerclé avec son groupe dans un véhicule blindé (un VAB) et qui organisait des séances de chant pendant la journée de son micro-siège.

Et puis, il y eut le 25 mai 1995 lorsque un poste tenu par des Français, à la ferme de la Shumarska, reçu un ultimatum on ne peut plus clair : se rendre avant 16h00 ou périr. Comme à chaque fois, une frappe fut préparée…et annulée par le général, français, commandant la FORPRONU depuis Zagreb au prétexte « qu’il n’était pas politiquement souhaitable de frapper les Serbes ». Il n’y eut donc pas de frappe pour sauver des soldats français mais Ancel transforma in extremis la mission en « démonstration de force » (un vol en rase motte) et cela a peut-être suffi à dissuader les Serbes d’attaquer.

Il y eut deux jours plus tard, la perte du poste de Verbanja en pleine ville près du quartier serbe de Gorbavica. Le poste fut immédiatement repris  par un assaut, à l’initiative du général Gobilliard, commandant français du secteur de Sarajevo, initiative devenue « ordre du Président de la République » après son succès alors que, comme le précise le général Bachelet dans son livre, l’état-major des armées avait « enjoint l’expectative ».

Riveneuve Editions, 2016
Mais s’il y avait retournement de situation à Sarajevo, en grande partie par désobéissance (ou prise d’initiative, c’est selon), la lâcheté perdurait ailleurs, à Srebrenica par exemple au mois de juillet suivant. La France n’avait pas de prise sur cette zone, hormis par le même général (que Chirac surnommait « eau tiède » selon Jean-René Bachelet) qui commandait toujours l’emploi des forces de la FORPRONU et des forces aériennes de l’OTAN mais celles-ci en « double clé » (nécessité d’une acceptation commune de l’OTAN et de l’ONU). Sur place, le bataillon néerlandais en charge de la protection de la population ne prenait surtout aucune initiative et l’acte le plus fort fut la prise de photos aériennes des massacres que Guillaume Ancel a pu contempler avec consternation. Comme cela ne suffisait pas, il y eut aussi Zepa, autre enclave censée être protégée par l’ONU et cette fois sous la responsabilité du général Gobilliard. Après la prise de Srebrenica, il avait bien envoyé une compagnie de soldats français pour éviter le même sort à Zepa, avant de recevoir l’ordre de le faire revenir. Zepa a donc été prise par les Serbes quelques jours plus tard.

Dans les années 1940, une expérience américaine montra que face à des mouvements erratiques de figures géométriques, une grande majorité des observateurs finissaient par leur trouver une logique. L’incohérence déplaît, encore plus lorsqu’il s’agit de choses humaines et mortelles. Il semble en réalité que certaines politiques n’ont pas forcément plus de cohérence que ces mouvements de carrés et triangles laissés au hasard des lois de la physique.

Pour s’en convaincre, il suffit de lire un chapitre de Sarajevo 1995-Mission impossible. Quelques jours avant de relever le général Gobilliard, le général Bachelet vient connaitre les termes de sa mission et le cadre stratégique français dans lequel elle doit s’inscrire. La suite est surréaliste, les politiques qui viennent d’arriver au pouvoir sont dans la posture (plutôt sympathique) pour le Président de la République ou dans l’imposture pour Charles Millon, nouveau ministre de la défense qui n’y comprend rien. Dans le gouvernement, seul Alain Juppé Premier ministre et ancien ministre des affaires étrangères, connaît le dossier sans parvenir toutefois à définir une ligne claire pour la France. Du côté des militaires, l’amiral Lanxade, le CEMA « finissant » considère qu’il n’a pas le temps de parler avant de partir en permissions et le « montant », qui n’a pas encore pris ses fonctions est de la même école que Charles Millon. Quant au sous-chef opérations, futur chef de cabinet militaire du ministère de la défense puis inspecteur général des armées, le général Bachelet ne le nomme pas tant il lui répugne mais on reconnaît bien sûr le général Germanos. Condamné bien plus tard pour pédophilie, il n’apparaît alors que comme un intrigant qui ment sciemment au Président de la République en lui disant ce qu’il veut entendre.

Ce passage, comme celui final qui décrit le retour inopiné à Paris, est dévastateur mais éclairant sur le processus de décision stratégique. On croit toujours que des gens, a priori bien sélectionnés ou bien élus, alimentés par les meilleures informations disponibles, vont développer des grandes visions et des stratégies cohérentes. La réalité est hélas souvent décevante. Le système politico-militaire ne sélectionne pas forcément que des brillants à sa tête (mais ça arrive) et des médiocres ne sont qu’à peine moins médiocres s’ils sont bien informés, ce qui n’est d’ailleurs même pas forcément toujours le cas.

Vu des Etats-Unis, 2013 
Au final, le général Bachelet (qui apprend lui-même à Gobilliard qu’il est relevé plus tôt que prévu) part avec ce qui semble être le dénominateur de beaucoup d’opérations militaires françaises : « La France, membre permanent du Conseil de sécurité, doit en être ». L’essentiel c’est de « se montrer », aux autres et à l’opinion. Pour l’efficacité sur le terrain, sinon la victoire, on verra plus tard. De toute façon il faut des moyens pour ce genre de considérations. 

Le général Bachelet est à Sarajevo le 10 août. Dix-huit jours plus tard, un obus frappe un regroupement de la population pour une distribution de vivres dans une rue à proximité du marché de Markalé, tuant 38 personnes et en blessant 85 autres. Le massacre, le second dans la zone après celui de 5 février 1994, est alors le prétexte que les Américains attendaient pour déclencher la guerre. L’avantage avec eux, c’est que les choses sont claires à partir du moment où des « bad guys » sont définis, il faut les frapper jusqu’à la destruction ou la capitulation. La France « en est » et suit avec quelques appareils et surtout l’artillerie de la Force de réaction rapide sur Igman. Le premier inconvénient avec les Américains est que ce déploiement de puissance ne s’accompagne pas toujours de finesse, il y a donc des bavures mais elles sont tues. Le second est de croire que s’il y des « bad guys », leurs ennemis sont obligatoirement des « good guys », or ce n’est pas toujours le cas.

L'époque des seigneurs de guerre
Passons sur les combattants djihadistes plus présents à l’époque dans les fantasmes serbes que sur le terrain, surtout à Sarejevo. Bien plus dangereux ont longtemps été les petits seigneurs militaro-mafieux, les Tsatso, Celo et autres Yuka, qui régnaient sur une grande partie de la ville. Ils étaient durs, rackettaient les habitants, détournaient l’aide humanitaire, combattaient parfois les Serbes (grâce disait-on aux munitions qu’ils leur achetaient, on peut être ennemis et associés en affaires) et tuaient aussi régulièrement des Sarajevins. Tsatso s’était ainsi fait connaître en égorgeant publiquement le fils d’un des chefs de la police. Notre premier combat, deux heures après notre arrivée fut contre ses miliciens, en plein cœur de la ville. Nous y perdîmes un homme, la gorge transpercée, mais nous y avons montré que l'on se battrait. Le terme « demande d'autorisation de tir »  fut banni du vocabulaire de ce premier Batinf 4.

A la fin de l’année 1993, le gouvernement bosniaque avait finalement décidé de les mettre au pas et on a pu assister en direct à une petite guerre civile au cœur de la grande. La petite histoire raconte que c’est le père du garçon égorgé qui a mené l’assaut contre le bunker de Tsatso et s’est occupé personnellement de son cas. Étrangement nos pertes ont beaucoup diminué depuis cette époque. Pour autant, la Bosnie n’était pas devenue un canton suisse et, s’ils étaient moins dangereux pour nous, les margoulins et les malfaisants y prospéraient toujours.

Nous avions donc pris l’habitude de séparer la population, les petites gens sur qui tout tombait et dans tous les camps, de leur nomenklatura politique et militaire bien moins sympathique, et là encore dans tous les camps. De ce fait, le sort de la population serbe de la ville, presque entièrement concentrée dans le quartier de Gorbavica (j’ai vu une grande partie de la population serbe du reste de la ville se faire chasser misérablement), nous importait aussi. Ce fut l’« erreur » du général Bachelet. Seul, sans grand soutien de sa chaîne hiérarchique (mais il y en avait, tout n’est pas stupide et noir), il devait faire avec des « Alliés » aux objectifs divergents. Les Russes soutenaient des Serbes forcément innocents de tout et développant la thèse de l’auto-attentat à Markalé, thèse pas forcément stupide mais évidemment reprise par tous les pro-serbes, (lire chrétiens angoissés par le « péril musulman »). Les Américains soutenaient les Bosniaques et les Croates et peu importait que ceux-ci pratiquent l’épuration ethnique en Krajina et s’apprêtent à faire de même à Gorbavica. Il y avait aussi les Britanniques, qui soutenaient les Américains (de l’avantage d’une politique étrangère simple).

Il y a avait une autre population aussi à Sarejevo, moins nombreuse et plus intermittente (sauf d’authentiques héros) : celle des membres d’ONG à la recherche d’un trip, des reporters de deux jours en quête de photos-chocs, de philosophes en carton venant quelques minutes entre deux avions se faire interroger en mode « sous le feu »…dans l’endroit le plus protégé de la ville (décrite le 5 mai 1995 dans Vent glacial), de défenseuse des animaux livrant des tonnes de nourriture pour chiens « parce qu’il n’y a pas que les humains qui souffrent de la faim ». Il y a eu aussi une femme de Président en goguette. Sa visite éclair (mais seulement du côté bosniaque de la souffrance) avait alors paralysé toutes les forces de la ville pour assurer sa protection et non, par exemple celle de l’aide humanitaire. Pour quelques heures et sous haute protection, Sarajevo était « the place to be » des combattants parisiens de la liberté.

Presses de la cité, 1995
Ce sont ces combattants de la liberté, et leurs grands journaux nationaux, qui ont eu finalement raison du général Bachelet, en faisant passer son souci de protéger la population serbe de Gorbavica, pour un soutien politique au camp bosno-serbe, oubliant au passage qu’ils parlaient du général français qui, quelques semaines plus tôt, avaient fait le plus de mal à ces mêmes serbes. On l’a dit plus haut l’important était que la France soit là mais plutôt sans se faire remarquer. Prendre le risque de déplaire à la presse, unanimement acquise à la cause bosniaque et américaine (ou l’inverse), c’était prendre le risque d’un scandale, l’équivalent d’une défaite pour les politiciens. Dès lors la cause était entendue et elle ne fut guère défendue.

On vous l’a dit, c’était un temps déraisonnable. Ce temps est heureusement révolu. Ce n’est pas maintenant que l’on enverrait des soldats en opérations sans moyens, à 1 650 par exemple pour sécuriser un pays africain en six mois ; que l’on participerait à une coalition juste pour « en être » et parce que sans l’aide du leader de cette coalition, on serait mal par ailleurs ; que l’on s’engagerait sur un demi-continent sans préciser comment on va gagner la guerre (qui est la chose des nations et non des seuls militaires) ou encore que l’on met des milliers de soldats dans les rues pendant dans des années juste pour montrer aux Français que l’on fait quelque chose. Non, le temps des « gestes », au sens de gesticulations (bouger dans tous les sens sans cohérence) et non d’épopées, est bien sûr derrière nous.

36 commentaires:

  1. Je n'arrive pas à le croire!!!!
    Le politique ferait n'importe quoi avec les militaires!!!!????

    Ca alors!!!!! Pour la première fois dans l'histoire.

    (En même temps celles et ceux qui on approchés des militaires ((Pouah! ces brutes fascistes tous plus ou moins nazillons)) savent que ce n'est pas tellement important et ne plus ils sont payés des fortunes pour ça.

    C'est singulier quand on y pense l'état à l'usage légitime de la violence. Quand on voit ce qu'il en fait on est tenté de considérer l'illégitimité (Je blague naturellement)

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  2. Tiens et puis je me lâche car encore ce matin je vois 4 touristes en tenue Cam. Famas en bandoulière, extrèmement décontractés du bout de la verge (Y'avait une fille mais elle fumait pas), dont deux clopes au bec, arpentant le trottoir. Sentinelles d'on se demande quoi (Eux les premiers sans doute).
    Comme dit une amie "Je crois pas qu'ils aient signés pour ça"
    Moi non plus.

    Sinon y'a pas d'argent, pour les Belges qui certes sont des tireurs au cul

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  3. Merci pour cette analyse fine et percutante. L'outil militaire français est sans doute encore assez bon, mais le manchot qui l'emploie toujours aussi inconstant. Pour les épopées on se contentera des livres d'Histoire ...

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    1. Rejoignez donc l'épopée du droit à pouvoir comprendre la vérité; afin que ce ne soit pas l'histoire elle-même qui veuille finir par nous oublier... Intéressante tranche de Brie par ceux qui l'on vécu en tout cas, nous avons enfin des mots sur ce qui n'était auparavant, que des pressentiments.

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  4. Excellent par la qualité de la description et l'utilisation des mécanismes du roman à clefs.
    Cette analyse peut se lire au premier degré, au second degré, ou plus... suivant les habilitations et le vécu personnel du lecteur.
    Finalement, c'est le bon choix. Celui qui permet de dire la vérité à ceux qui savent et de la faire comprendre tranquillement à ceux qui ne savent pas.

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  5. Très instructif article où tout le monde en prend pour son grade format spectaculaire grincement de dents. L'auteur a visiblement dépassé le stade de la complaisance vis-à-vis de qui que ce soit et a décidé de ne faire aucun prisonnier.
    Dans ce florilège de petites phrases croustillantes, j'hésite, à la première place, entre "c’était peut-être cela finalement l’explication : nous étions l’objet d’une expérience sur l’accoutumance à l’aberrant" et "une équipe de mystérieux « men in black » à l’accent texan vinrent dans un 4 x 4 pour calmer leurs Alliés bosniaques" mais il y en a tellement. Quant à la conclusion...

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  6. Je connais , j'ai fait les deux
    BEYROUTH SARAJEVO

    Un petit commentaire sur les reportages et photos truquées de notre B. H. L. ( inter) National . Ses photos truquées lors de son reportage sur sniper-alley ( lui accroupi derrière un muret , le micro devant la bouche , alors que ce jour là , du moins à cette heure là , on aurait pu se croire dans une rue de village de France.)

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    1. Ne pas oublier "je t'écris à la lueur des balles traçantes". Inoubliable...
      Bon, en vrai, il faut écrire très, très vite. Il n'y a pas que les fins de mois qui sont difficiles, les fins de chargeur aussi.
      Mais il aurait fallu qu'il sache. Qu'il soit en situation. :-)
      Dernièrement, en Libye, il n'aurait pas pu écrire du tout. Les "gardes du corps" qui l'entouraient avec leurs treillis US neufs bien repassés avaient laissé... les BTB sur les armes!!! Malheureusement c'était en plein jour, alors il a pu écrire quand même...

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    2. BHL ou DHS( Deux Heures à Sarajevo)...?

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    3. Le plus beau sur la photo c'était les deux sous-officiers canadiens, en béret, sereins et moustachus, qui ne craignaient rien, alors que BHL s'écrasait sur le sol pour montrer au photographe qu'il courrait un grand danger.

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  7. merci pour ce texte, ce témoignage, votre style. j'ignorais tout cela....je suis sidérée. anne

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  8. Voilà ou mènent les errements d'une non politique internationale ,superbe article,et l'armée dans tout ça sert de variable d'ajustement ,comment peut on traiter avec tant de mépris ceux qui sont prets a défendre la nation

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  9. Très beau billet. À une époque où les évacuations grand format occupent les grands écrans. Nos politiques nous présentent la façon inverse de ne pas gagner une guerre tout en pouvant la continuer : le présentéisme blasé.

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  10. Michel, merci pour ce tableau finement et magistralement ciselé. Tu démontes avec brio ces mécanismes hypocrites qui pesaient sur nous comme une chappe de plomb, polluaient et engluaient nos esprits en bridant notre marge d'initiative. Tu mets des mots justes sur l'origine des frustrations (pour ne pas dire traumatismes) qui m'habitent toujours suite à mes trois mandats successifs à Sarajevo (dont le premier avec toi en 93). Ça soulage ! Encore merci et bravo pour ta "prose-onguent" qui appelle un chat un chat, j'en redemande. Malheureusement cela ne fera pas revenir nos camarades qui ont payé ces errements de leur vie, Paix à leur âme.

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  11. Je lisais l'excellent recit de la bataille de Dien Bien Phu par Martin Windrow et ne peux m'empecher de penser que finalement rien n'a change d'une periode a l'autre. Sauf que semble-t-il maintenant, a defaut d'avoir une politique, on envoie un peu moins de soldat a la boucherie. Maigre progres, s'il en est...

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    1. C'est un beau relativisme sur l'heureuse décroissance des victimes des conflits auxquels la France a participé. Maintenant il serait salvateur et galvanisant de passer à un peu plus de déterminisme.

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  12. Il y a d'étranges analogies entre la campagne actuelle dans le Sahel et les 2 guerres d'Indochine

    suite à la non politique de nos dirigeants. Nous finirons vidés d'Afrique

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  13. Je ne suis pas persuadé que tout cela ne soit simplement le fruit de mauvais concours de circonstances. Il y a derrière ce maelström de barbarie de véritables stratégies établis, et le message qui ressort pour la France, est celui de faire acte de présence, obéissant ainsi à une stratégie américaine prépondérante. En prenant du recul afin de contempler l'ensemble du tableau, l'on peut observer que l'éclatement de la Yougoslavie a surtout déstabilisé l'Europe. On juge Milo avec un TPI que les américains ne reconnaissent même pas pour eux-mêmes, mais qui réussissent à l'imposer aux autres, et en l'occurrence à des européens quand ce n'est pas à des africains, tandis qu'en Asie le tribunal pénal international n'existe pratiquement pas. Je comprends que les américains soient officiellement nos alliés, mais doit-on les suivre quand cela va à l'encontre des intérêts de l'Europe, de nous-même finalement? Le point de vue des militaires français sur cette guerre est aujourd'hui louables et ils nous donnent une bonne perspective sur ce qui se passait alors en surface; mais en sous-sol, du côté de la réalité diplomatique et du service intelligence (renseignement), on aurait surement plus d'explication acceptable sur ce qu'il se passait vraiment là-bas. Il serait dangereux de penser qu'il n'y avait pas de pilote dans l'avion France, capable d'orienter une stratégie pour notre nation, car cela voudrait signifier que nous ne sommes plus maître de notre destin, et que les français sont définitivement has-been, fatalistes, résignés. La meilleur façon de ne pas perdre sa crédibilité, c'est d'abord savoir défendre son intégrité, et donc cela passe obligatoirement par un rapport de force, sans ce principe de base on a plus qu'à jouer les pantomimes; et justement à cet exercice les politiciens français sont très fort, mais c'est bien là les seuls apparences qu'ils sont capables de sauver aujourd'hui. Et ce n'est certainement pas Macron qui sera l'homme providentiel pour que la France retrouve une économie performante, cet-à-dire avec une courbe exponentiel, et non plane. Sans ça l'armée française restera dans l'échantillonnage, et nos stratégies resteront vite limités. Pour le moment on stagne, et donc cela sent pas bon. Heureusement je garde la foi en l'homme, et si on est encore capable de créer un peu d'émulation coercitive, alors tout n'est pas perdu, mais il faut être bien conscient que des pouvoirs malveillants sont aussi à l'oeuvre, ceux-là il faut les détruire avant que cela soit notre condition sociétal qui ne le soit. Mais connaissons-nous encore ce qu'est la condition ancestral française? Savons-nous encore qui nous sommes par rapport à notre histoire? L'hystérie numérique mondialisé, va-t-elle annihilé les fondamentaux moraux, pour les remplacer par des appréciations du marchandising? Comme dit la chanson: "Il y a longtemps longtemps longtemps quand les poètes ont disparus..."

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  14. Mon cher camarade et cher compatriote (je suis béarnais aussi), merci pour cette page d'humour grinçant et désabusé. A cette époque je n'étais plus en activité, mais je me souviens de ce sentiment d'absurdité de la mission que j'éprouvais en lisant la presse. Mission absurde, mais où nous avons quand même eu des morts et des blessés dont certains sont encore infirmes pour le restant de leurs jours.

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  15. C'est curieux, mais j'ai cru lire des passages de mon expérience d'observateur militaire de l'ONU au Cambodge, en secteur très disputé ...
    Belle démonstration du fossé de la "volonté politique" à la réalité du terrain.
    Merci

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  16. Excellent!
    Déprimant aussi, mine de rien, hélas!
    Comme d'habitude, ce sont les soldats et les civils qui paient le prix du sang et non les politiques... Faut pas rêver non plus...

    Quant à Germanos, je le goûtais peu suite à ses histoires judiciaires, mais franchement, un général qui dit aux politiques ce qu'ils veulent entendre et non ce qu'il pense... (et je suis hélas! à peu près certain que ce n'est pas un cas unique...) devrait être radié des cadres d'office. Mais bon, je suis extrême, c'est clair.

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    1. Excellente analyse de la situation et de l'ambiance qui étaient celles que nombre de vos lecteurs ont connues, non seulement à Sarajevo mais aussi à Beyrouth, au Cambodge et ailleurs, sous mandat ONU . Pour autant je regrette que vous n'ayez pu résister à la tentation de quelques attaques ad hominem qui, si elles sont admissibles quand elles ont un lien avec le sujet sont, à mes yeux, détestables quand elles n'en ont aucun.De grâce ne mélangeons pas les genres. Dommage car, à l'exception d'une toute petite phrase j'ai beaucoup apprécié ce que vous avez écrit.

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    2. Bonjour cher Anonyme et merci mais de quelle attaque ad hominen peut-il bien s'agir ? Les officiels français? je ne fais que retranscrire les descriptions du général Bachelet (que je vous engage vivement à lire), à l'exception du général Germanos, qu'il ne cite pas nommément. A moins qu'il ne s'agisse de BHL ou des chefs mafieux bosniaques ? Je suis sincèrement curieux de savoir qui vous défendez.

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  17. Il n'y a pas de quoi être surpris : il y a longtemps que cela dure et durera très certainement encore. Nos démocraties (pas seulement elles) ne sont pas sorties de ce dilemne : faire quelque chose tout en ne faisant surtout rien d'efficace. Traiter "d'excellency"de futurs criminels de guerre est devenu un comportement tout à fait légitime en attendant que la situation se retourne. La belle plaisanterie que la commission des "droits de l'homme de l'onu quand on voit qui en fait partie. Ce qui est vrai au niveau collectif, l'est aussi au niveau individuel : la "légitime défense" n'est applicable que quand on est mort, sinon c'est l'opprobe et les ennuis judiciaires. "Cachez ce mal que je ne saurais voir", c'est la doctrine actuelle.

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  18. Bon mais, Philippus (pour les tintinophiles avertis),
    à part ressasser une nouvelle fois vos expériences kosovares du siècle dernier, ou est votre réflexion ?
    Assez de vos ratiocinations

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    1. Pour ma part je n'ai jamais mis les pieds au Kosovo, à qui vous adressez-vous donc cher Anonyme ?

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  19. Mon colonel,
    n'en déplaise à tous ceux que la narration de ce vécu dérange, vous avez su, au travers des mots, replonger quelques-uns de vos lecteurs presque 25 ans en arrière au coeur d'une guerre qu'il fallait empêcher sans faire de vagues.

    J'en étais aussi et me souviens des trop nombreuses absurdités d'une mission d'interposition impossible. Soldat de l'ONU sans moyens pour accomplir sa mission mais bien cible expiatoire des belligérants frustrés par notre présence finalement génante. Combien de compte-rendus et de demandes à la radio radio se sont achevés par un "attendez terminez"! Et que dire de ce sentiment d'être une cible vivante dès qu'un journaliste traînait dans les parages... et l'inénarable BHL dans sa grande oeuvre humanitaire...

    Ceux qui n'ont jamais mis les pieds à Sarajevo en guerre auront bien du mal à percevoir toute la finesse d'analyse de votre billet ni l'ironie de votre ton.

    Paix aux nôtres tombés là-bas pour l'inconséquence des politiques.

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  20. Excellent et pertinent, comme d'habitude. Les armées, un outil au service de la communication des politiques, qui n'ont d'ailleurs rien à dire (on n'est pas à un paradoxe près) sur la scène internationale. Une autre utilité pourrait être attribué aux armées dans les conflits récents, celle de générer un brouillard de la guerre qui permet de masquer les activités de toutes sortes d'officines et de forces plus spéciales les unes que les autres. Tout cela n'a pas beaucoup de sens mais ça permet toujours de vendre des canons, de limiter les déflations d'effectifs, de couvrir les chefs de gloire, de permettre aux présidents d'afficher leur virilité et leur détermination, et ça permet à la France de tenir son rang de membre permanent du Conseil de sécurité...

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  21. Mon colonel je ne reviendrais pas sur les qualités de votre article, nombre de commentateurs l'ont déjà fait.

    Mais sur le "présentisme" quasi débridé depuis quelques décennies de nos forces armées, cela nous coute au total quelques centaines de morts et encore plus de blessés, et au final pourquoi : permettre à nos politiques d'exister sur la scène internationale à défaut d'y peser, et accessoirement de faire "in vivo" la démonstration de l'excellence de certains fleurons de notre industrie d'armement tel entre autre le Rafale. Certes pour ce dernier point, une armée composée que de quelques "briques" médiatisées suffit !

    Mais ce tropisme de jouer uniquement la présence et sans but de guerre réellement définit, il n'est hélas pas propre qu'aux politiques français : voire la piteuse prestation suivit d'une quasi débandade des USA, cela en Somalie dans la première moitié des années 90. Certes eux au moins, ils en tirèrent un film à grand succès "La chute du faucon noir" ....

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  22. Merci pour cet éclairage passionnant, et désespérant car rien ne change... et la République promeut partout des médiocres qui auront des idées médiocres qui conduiront le pays au désastre.
    celui ci arrive d'ailleurs assez vite.

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  23. Comme toujours,je suis frappé par la mystère de la condition militaire.
    Cependant,ces temps ne sont t’ils pas tous déraisonnables ?
    Les temps...ont bon dos,non?

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  24. C’était un temps déraisonnable, écrivez-vous. Je pense exactement l’inverse (partie 1)
    Cet article est bien entendu fort intéressant, mais il pèche à mon avis par une analyse bien trop franco-française de cette époque en mettant un focus exclusivement sur la soldatesque et en oubliant que les chancelleries du monde occidentales devaient pendant les années 1990 faire face simultanément à deux dislocations majeures qui auraient pu faire basculer le monde vers une 3ème guerre mondiale.
    - La première dislocation est bien entendu celle de l’URSS qui a été miraculeusement « pacifique » malgré des conflits extrêmement violents mais limités au niveau régional (guerre du Haut-Karabagh, conflit frontalier entre la Géorgie et l’Abkhazie, 1ère guerre en Tchétchénie). Ainsi, grâce à la sagesse des autorités Russes et à la clairvoyance des chancelleries occidentales nous avons échappé à la balkanisation par la violence de l’ex-URSS.
    Après la disparition de l’URSS en 1991, les spécialistes de l’armement considéraient qu’il fallait au moins huit à dix ans pour que l’arsenal nucléaire russe devienne obsolète. Pendant cette période, il fallait gérer tous les conflits potentiels en les maintenant coûte que coûte avec des niveaux de violence de basse ou de très basse intensité. Les craintes d’une fuite en avant des autorités de la Russie et de la prolifération des armes de destruction massive de l’ex-URSS (nucléaire-bactériologique et chimique) étaient une réalité qui affolait le monde occidental. C’est la raison pour laquelle l’ONU s’est retrouvée seule en première ligne pour gérer tous les conflits naissants et en multipliant sans fin des missions de paix sans en avoir pour autant tous les moyens financiers et militaires. Rappelons que l’ONU n’a pas de forces dédiées, et qu’elle ne dispose surtout pas d’un QG pour commander des forces sur les théâtres d’opération. Citons pour mémoire quelques-unes des missions qui ont été créées pendant cette période : MIPRENUC, MONUIK, FORPRONU, ONUSAL, ONUSOM, MONUG, MONUT, FORDREPRENU, MINUBH…
    Dans le même lapse de temps, alors que la FORPRONU était à la peine, l’OTAN se préparait résolument à l’action à la fois sur le plan diplomatique et militaire. Le QG de l’OTAN à Bruxelles a inventé en 1994 avec ses diplomates et ses militaires de haut rang le concept de Partenariat pour la Paix (PfP) en associant magistralement à l’OTAN les anciens pays communistes de l’Europe de l’Est et des ex-républiques soviétiques du flanc sud de la Russie (réforme, restructuration, …). Ce fut une manœuvre de stabilisation et de facteur de paix formidable qui est peu mis en valeur. De plus, l’OTAN avec le SHAPE à Mons a planifié dans le plus grand secret dès 1993 le futur engagement des forces aériennes et terrestres de l’OTAN dans les Balkans.

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  25. C’était un temps déraisonnable, écrivez-vous. Je pense exactement l’inverse (partie 2)
    - La seconde dislocation est celle particulièrement violente et belliqueuse de la Yougoslavie. Pendant cette période tous les militaires de la FORPRONU dans leur ensemble ont été formidables. Ils ont su faire face à des situations extrêmes et ils n’ont en en aucune manière démérité. Bien au contraire, les militaires français comme les militaires britanniques ont été utilisés comme des sapeurs-pompiers pour tenter d’éteindre sinon de contenir un brûlot que personne ne savait éteindre. Une réponse militaire trop musclée de l’ONU contre Belgrade aurait sans aucun doute immanquablement déplu à Moscou avec des conséquences effrayantes. Rappelez-vous en 1993 la réponse abrupte d’un colonel de l’armée de terre qui était questionné à son retour de Bosnie par le premier ministre Edouard Balladur : « Monsieur le premier ministre la situation en ex-Yougoslavie est indémerdable »... Le président Mitterrand formula ce même sentiment d’une manière moins prosaïque en considérant qu'il ne fallait pas ajouter la guerre à la guerre. C’était un temps vécu comme déraisonnable par les soldats de la FORPRONU. On les comprend, mais c’était sans doute un moindre mal. La reprise du pont de Verbanja aura rendu l’honneur à nos soldats et à son armée. Cependant, il aura quand même fallu que le temps s’écoule pour obliger enfin Slobodan Milošević à accepter en 1995 les accords de Paris et de Dayton. Ces accords ont permis de mettre fin aux agissements des Serbes en Bosnie en décembre 1995 avec le déploiement de la mission de l’OTAN en Bosnie avec l’IFOR qui ensuite s’est rapidement transformée en SFOR.
    La suite nous la connaissons tous. Lorsque Milošević a voulu déclencher un nouveau conflit au Kosovo en 1999 suite à l’incident de Racak, il n’a pas compris que la Russie du fait de l’obsolescence avérée de son armement nucléaire n’était plus une menace pour l’occident. Les pays de l’OTAN, dont la France, ont donc mené du 23 mars au 10 juin 1999 une opération de bombardement aérien de 78 jours pour faire plier la République fédérale de Yougoslavie en ciblant le complexe militaro-industriel et les centres de pouvoir de la Serbie. C’est sans aucun doute ce que les chancelleries occidentales auraient rêvé pouvoir faire en 1992-1993, mais c’était trop tôt et impossible …

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  26. "c'était un temps dereisonnable" me rappelle le titre d'un livre de Georges Marc Benamou consacré aux héros de la Resistence (encore en vie au moment de sa parution en 1999 ( dont Pierre Messmer)
    Et vous reprenez ce titre pour décrire la relation diplomatie-guerre pendant la guerre d Bosnie si j'ai bien compris votre message.
    La gestion du conflit par les décideurs politiques "oubliait" de tenir compte de la protection de ses propres soldats.

    Cette situation me rappelle cette fois les évènements f'Haiphong en novembre. Le modus vivendi de Fontainebleau entre la Frange et le Viet Minh prévoyait un arrêt des hostilités le 30 octobre. Or les soldats de la garnison francaise d'Haiphong subissait des attaques isolées et comptaient des morts et des blessés. La consigne diplomatique était d'éviter de riposter. Ulcères de voir la vie de leurs soldats mise en danger, le colonel Debes et son supérieur à Saigon le général Valluy passeront outre aux consignes du gouvernement Français en ordonnant de riposter après avoir lancer un ultimatum au Viêt Minh d'évacuer le port.
    Depuis, des hiistoriens font porter la responsabilite de l'extension de la guerre en Indochine à l'armée française.
    Geroge Paton pensait que la loyauté du haut envers le bas était plus important que celle du bas vers le haut. C'est ce qu'on fait ces 2 officiers supérieurs et la diplomatie Française( elle continuait à négocier à Hanoï au même moment ) avait oublié qu'ellle pouvait se manifester.





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  27. Merci pour cet article mon Colonel,
    J'étais également sur place en 95, et ne peux que confirmer le goût d'absurdité qui demeure. Idem pour ceux qui sont passé alors au Rwanda. Depuis, seuls ceux qui les envoie croient au concept de soldats de la paix... en leur bonne âme et conscience.

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